LE RENOUVEAU ÉNERGETIQUE DE VOTRE HABITATION
Remerciements: l’essentiel des informations sur lesquelles s’appuie cet article provient du SDES (Service des Données et Etudes Statistiques), de l’ADEME (Agende De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) et de l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques) dont nous saluons le travail remarquable; nous avons simplement trié ces informations, les avons réordonnées et synthétisées pour mieux en saisir la signification.
QUELQUES « REPÈRES » POUR BIEN COMPRENDRE LES ENJEUX
- En matière de « consommation d’énergie », il y a lieu de bien distinguer la « consommation primaire » (ressources en leur état « primaire » ou « naturel », ex: charbon), la « consommation finale énergétique » (énergies en leur état « final » ou « utilisable » pour un usage énergétique, ex: part de l’électricité produite à partir du charbon), la « consommation finale non énergétique » (ressources ou énergies en leur état « naturel » ou « utilisable » pour un usage autre qu’énergétique, ex: carbochimie ou pétrochimie) et la « consommation nette de la branche énergie » (énergies consommées pour produire les énergies « finales » à partir des ressources « primaires », les stocker, les transporter et les distribuer, en incluant les pertes et la consommation de la branche énergie elle-même); selon le SDES, en 2024 la « consommation primaire » de la France a été de 2574,5 TWh, se décomposant en 1498,3 TWh de « consommation finale énergétique », 114,7 TWh de « consommation finale non énergétique » et 961,5 TWh de « consommation nette de la branche énergie »; le processus de production de l’énergie « finale » à partir des ressources « primaires » s’est donc effectué avec un « rendement » de 63 % (= (1498,3 + 114,7) / 2574,5) ou, vu autrement, avec une « perte » de ressources « primaires » (consommées mais ne se traduisant pas par de l’énergie utilisable) de 37 % (un gros tiers); cette notion de « rendement » n’a rien de surprenant mais elle est très facilement « passée sous silence », tout comme d’ailleurs la « cascade » des autres « rendements » qui suivent pour parvenir au « service » réellement recherché (ex: déplacement d’une voiture).
- Tous secteurs d’activité confondus, en absolu en 2024 par rapport à 1990, la « consommation finale énergétique » en France est restée quasi stable (augmentation de +0,7 %) et les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) ont diminué de -32 %.
- Rappelons que l’objectif de la France en matière de diminution des émissions de GES en 2030 par rapport à 1990 (soit sur une durée de 40 ans) est une baisse de -50 %.
- Rappelons aussi que les « accords de Paris » (COP21, 12/2015) ont fixé l’objectif de limiter le réchauffement climatique mondial moyen à +1,5 °C d’ici la fin du siècle par rapport à l’ère préindustrielle (1850); en 2024, l’augmentation de température moyenne mondiale a atteint +1,6 °C par rapport à l’ère préindustrielle.
- En 2024, « l’usage des bâtiments » en France (soit le Résidentiel pour 2/3 et le Tertiaire pour 1/3) a représenté 43 % de la « consommation finale énergétique » (de loin le 1ier poste) et 15 % des émissions de GES; en absolu en 2024 par rapport à 1990, la « consommation finale énergétique » du secteur a augmenté de +2 % (baisse de -6 % dans le Résidentiel, hausse de +20 % dans le Tertiaire) alors que les émissions de GES ont baissé de -39 %.
- Par comparaison, le « Transport » en France (personnes et marchandises) en 2024 a représenté 34 % de la « consommation finale énergétique » (2ième poste) et 34 % des émissions de GES (de loin le 1ier poste); en absolu en 2024 par rapport à 1990, la « consommation finale énergétique » du secteur a augmenté de +15 % et les émissions de GES sont restées stables.
- Ce piètre résultat est probablement dû au très lent renouvellement du parc roulant en France: à fin 2024, les voitures électriques représentaient 2,7 % des 46,3 millions de voitures du parc (VP + VUL), lequel se renouvelle à la cadence de 1 % par an (avec des voitures neuves qui aujourd’hui encore sont loin d’être toutes électriques: prix, autonomie, infrastructure de rechargement…); selon le SDES, au 01/01/25 96,9 % des 621500 « poids lourds » que comptait le parc français (dont la moitié de camions) étaient avec une motorisation diesel; le parc global (VP, VUL, camionnettes, poids lourds, autobus et autocars) a augmenté de +69 % depuis 1990 (de 27,8 millions à 46,9); les VP des particuliers sont passés de 23 millions en 1990 (population 58,0 millions) à 36,3 millions en 2024 (population 68,6 millions).
- Tous les autres secteurs d’activité font mieux que le Transport bien que certains demeurent éloignés de la trajectoire vers les -50 % d’émissions de GES: -18 % en 2024 par rapport à 1990 pour l’Agriculture / Sylviculture (représentant 21 % des émissions de 2024, 2ième poste), -55 % pour l’Industrie manufacturière et de construction (17 % en part 2024), -58 % pour l’Industrie de l’énergie (9 % en part 2024) et -6 % pour le Traitement centralisé des déchets (4 % en part 2024).
- Selon l’observatoire DPE de l’ADEME, la répartition par étiquette des logements (pour lesquels un DPE a été réalisé, soit près de 16 millions dont 4,7 millions de maisons individuelles) est actuellement (04/2026): 5 % de A, 6 % de B, 37 % de C, 29 % de D, 15 % de E, 6 % de F et 3 % de G, soit 52 % classés en D/E/F/G; pour les maisons individuelles plus spécifiquement on a: 9 % de A, 6 % de B, 24 % de C, 29 % de D, 17 % de E, 9 % de F et 6 % de G, soit 61 % classées en D/E/F/G; la répartition des étiquettes de GES est respectivement de 30 % en D/E/F/G pour les logements en général et de 35 % en D/E/F/G pour les maisons individuelles, montrant que l’étiquette DPE des logements résulte avant tout de l’étiquette énergétique et non à l’étiquette GES; 38 % des logements (29 % des maisons) sont chauffés au gaz et 3 % au fioul (9 % des maisons).
- Selon l’INSEE, au 01/01/25 la France comptait 38,4 millions de logements (dont 31,7 millions sont des résidences principales); 54,4 % des logements étaient des maisons individuelles, 45,6 % des appartements.
QUELQUES RÉFLEXIONS ET COMMENTAIRES
- Il ne restait en 2024 que 6 ans (15 % de la durée de 40 ans) pour réaliser 36 % de l’objectif de la France de diminution des émissions de GES tous secteurs confondus (passer de -32 à -50 %)… Autant dire que l’objectif ne sera pas atteint.
- Sauf miracle, ne sera pas non plus atteint l’objectif de réchauffement climatique mondial moyen à +1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle: on s’achemine « allègrement » vers un réchauffement beaucoup plus élevé, avec des conséquences catastrophiques probables que nos spécialistes peinent à énumérer.
- Mais on sait aussi que nous n’avons pas la possibilité de renoncer et que toute fraction de degrés d’échauffement évitée sera forcément bénéfique.
- On comprend que le principal terrain de bataille pour la réduction des émissions de GES en France se situe désormais dans le domaine des Transports, secteur qui n’a pas progressé du tout sur les 35 années écoulées et dont la dynamique de renouvellement est très lente; cela passe probablement par une diminution sensible du nombre de véhicules (à taux d’équipement constant par rapport à 1990, la quantité de VP des particuliers en 2024 serait réduite de -25 %, soit 9 millions de voitures « en trop » en 2024).
- Pour les autres secteurs d’activité, dont celui de l’usage des bâtiments, la dynamique de diminution des GES a été mieux engagée: l’objectif de -50 % d’ici à 2030 est déjà atteint pour certains, en vue pour d’autres; il faut poursuivre l’effort de façon à compenser pour ce qui n’aura pas été réalisé dans certains secteurs.
- On déduit également des « repères » qui ont été rappelés plus haut que l’enjeu pour l’usage des bâtiments se situe à présent plus dans la diminution de la consommation énergétique que directement dans la réduction des émissions de GES; la première agira comme un « second souffle » pour poursuivre la seconde.
- En considérant que l’échantillon des logements ayant fait l’objet d’un DPE est représentatif de l’ensemble des logements, on peut estimer à 20 millions la quantité de logements devant faire l’objet d’une rénovation énergétique (52 % x 38,4 millions), dont 12,7 millions de maisons individuelles (54,4 % x 38,4 millions x 61 %).
LA RÉNOVATION ÉNERGETIQUE DU LOGEMENT DANS LES GRANDES LIGNES
- La rénovation énergétique débute toujours par une phase de constat et de diagnostic dite phase « d’Analyse Energétique du Logement » (AEL) permettant de bien comprendre le fonctionnement de l’habitation d’un point de vue énergétique: identification et caractérisation des voies principales de circulation de l’énergie, des leviers les plus efficaces pour réduire la consommation; pour faciliter la communication en utilisant une notion que le grand public s’est désormais bien appropriée, l’AEL que nous proposons comprend notamment (mais pas uniquement) une évaluation globale de type étiquette DPE (sans dépôt de dossier à l’ADEME).
- Si l’étiquette DPE du logement est moins « bonne » que C, il est certain qu’il est intéressant d’envisager une rénovation énergétique pour gagner 2 classes a minima ou atteindre idéalement les classes A/B; l’AEL se termine par la détermination d’un pré programme de travaux à réaliser pour atteindre ces objectifs.
- La construction du pré programme de travaux répond à une logique qui visera d’abord classiquement à améliorer l’isolation de « l’enveloppe » (murs extérieurs, avec éventuel remplacement de certaines menuiseries, toit ou plancher haut, plus rarement l’isolation du plancher bas car particulièrement « coûteuse ») en n’oubliant pas de traiter simultanément la ventilation de façon à éviter de générer de nouvelles pathologies; on s’intéressera ensuite aux « systèmes » (de chauffage, de production d’eau chaude sanitaire); et on finira par se poser la question de la pertinence de la mise en place in situ de dispositifs de production d’énergie comme l’installation de panneaux photovoltaïques.
- Le pré programme de travaux étant établi, on passe à la phase de « Consultation des entreprises », durant laquelle le support d’une Assistance à Maîtrise d’Ouvrage (AMO) peut être un précieux atout pour parvenir à un panorama technico-économique solide et complet permettant au Maître d’Ouvrage (Client) de décider de ce qu’il souhaite réellement mettre en œuvre.
- Viennent ensuite les phases de « Suivi et coordination du chantier » puis de « Réception et finalisation » au cours desquelles l’AMO peut utilement poursuivre sa mission si le Maître d’Ouvrage le souhaite.




Laisser un commentaire