INTRODUCTION À L’ÉLECTRICITE PHOTOVOLTAÏQUE
Remerciements: les informations sur lesquelles s’appuie cet article proviennent de différentes sources, notamment du « Think Tank » EMBER, du SDES (Service des Données et Etudes Statistiques), de WIKIPEDIA, de la NASA et de l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques) ; nous saluons le travail remarquable de toutes ces organisations au service du partage de connaissances et de la « mesure » (sans laquelle aucune avancée vers nos objectifs n’est possible).
Cet article se veut être une introduction au sujet des installations photovoltaïques.
D’autres articles suivront qui s’intéresseront plus spécifiquement à certains aspects de ce même sujet.
NB : afin d’alléger le propos et de faciliter la lecture, les calculs justificatifs et la plupart des chiffres ont été (autant que faire se peut…) relégués à une section dédiée en fin d’article ; les lecteurs intéressés pourront s’y rapporter.
UNE ENERGIE SURABONDANTE, GRATUITE ET PROPRE
La quantité d’énergie transmise par le Soleil à la Terre est véritablement ÉNORME.
Même en ne prenant que la part de cette énergie (la moitié) atteignant directement la surface de la Terre et en ne considérant à titre de zone de captage que la seule (faible) fraction habitée de cette surface, l’énergie solaire qui nous parvient en une année représente encore plus de 100 fois l’énergie consommée (« consommation primaire ») par l’humanité sur la même période : 1 % de la surface habitée par l’humanité reçoit en énergie solaire l’équivalent de la totalité de son besoin énergétique !
Mais recevoir ne suffit pas : il faut pouvoir transformer l’énergie lumineuse incidente en électricité (ou en chaleur pour le solaire « thermique ») et nous passons encore pour cela par des capteurs dont le rendement est « limité ».
Rapporté à la seule énergie solaire atteignant directement la surface de la Terre, le rendement actuel des capteurs conduit à estimer qu’il faudrait consacrer au captage un peu plus 3 % de la surface habitée par l’humanité pour couvrir son besoin en énergie (soit sensiblement la superficie de la Suède ou celle de la moitié du désert de Kalahari) .
C’est beaucoup ! C’est trop et on peut donc penser que ce n’est malheureusement pas tout de suite que l’on pourra envisager de couvrir le besoin en énergie de l’humanité avec la seule ressource solaire.
A l’échelle d’un territoire tel que la France métropolitaine (qui n’intègre pas les océans et dont le tiers de la superficie est inhabité) il faudrait une surface de captage équivalente à la superficie de l’Île de France.
Le calcul est sommaire, c’est vrai, faisant l’impasse sur l’essentiel de l’incroyable complexité des phénomènes mis en jeu, mais le résultat n’en demeure pas moins globalement valable : le Soleil nous met à disposition une énorme quantité d’énergie dont il suffirait de capter une relativement faible partie pour satisfaire une part significative de nos besoins.
Cette énergie est de plus gratuite (aucun producteur plus ou moins recommandable ou fiable à rémunérer), décentralisée (déjà livrée là où elle est nécessaire, pas de perte), propre (aucun rejet à déplorer, aucun déchet à gérer) et sa consommation ne réchauffe en rien l’atmosphère puisque si non captée cette faible partie de l’énergie incidente ira de toutes façons réchauffer la surface avant de finir par repartir vers l’espace dans sa quasi-totalité.
ALORS POURQUOI NE LE FAISONS-NOUS PAS ?
En réalité nous avons bel et bien commencé à le faire, mais seulement depuis 2010 et « en nous hâtant lentement » (bien que la dynamique ait effectivement tendance à s’accélérer ces toutes dernières années).
Selon les données publiées par ember-energy.org, l’électricité photovoltaïque produite en 2024 a représenté 7 % de la production d’électricité mondiale ; mais comme l’électricité restait une forme d’énergie très minoritaire ne représentant elle-même que 18 % de l’énergie consommée (« consommation primaire »), seulement 1,2 % de l’énergie consommée dans le monde en 2024 était d’origine photovoltaïque.
C’est évidemment très peu en regard du formidable potentiel que nous avons rappelé.
On note cependant que la dynamique est encourageante : en 2024 la quantité d’électricité photovoltaïque produite a progressé de près de 30 % par rapport à 2023 et elle a quasiment triplé par rapport au niveau d’avant COVID.
On remarque également qu’en 2024 l’électricité photovoltaïque était déjà en passe de rattraper l’électricité d’origine nucléaire qui ne représentait que 9 % de la production d’électricité mondiale, et 1,6 % de la totalité de l’énergie consommée, avec une dynamique non comparable puisqu’en très faible progression (+4 %) par rapport à l’avant-COVID.
Sans surprise, la part de la Chine dans la production mondiale d’électricité photovoltaïque en 2024 était prépondérante avec près de 40 % ; l’UE et les USA étaient loin derrière (à des niveaux comparables, 14 %).
Également sans surprise, la France était en retard : n’a produit que 24,9 TWh d’électricité photovoltaïque en 2024, ne représentant que 4,4 % de sa production d’électricité (à 68 % d’origine nucléaire) et 1,0 % de sa consommation énergétique totale (« consommation primaire »); c’est 3 fois moins que l’Allemagne (74,1 TWh) mais celle-ci a aussi produit en 2024 106 TWh d’électricité à base de charbon et 78,4 TWh à base de gaz…
En 2025, la production d’électricité photovoltaïque de l’UE a poursuivi sa progression (+21 % par rapport à 2024) et celle de la France également (+28 % à 31,8 TWh).
COMMENT FAIRE POUR « CHANGER DE BRAQUET » ?
Contrairement à ce que l’on entend et lit à longueur de journée dans les médias, nous pensons que ce n’est pas (plus) une question de subvention.
Nous pensons qu’il suffirait simplement aujourd’hui d’intensifier l’information faite auprès du grand public pour qu’il prenne conscience qu’il peut d’ores et déjà facilement faire installer des panneaux photovoltaïques sur le toit de son habitation pour réaliser une action concrète dans la lutte contre le réchauffement climatique tout en limitant le recours à l’énergie nucléaire et en réalisant un investissement financier intéressant.
Le bond en avant dans l’autoproduction agirait comme un détonateur en stimulant l’investissement dans les méga infrastructures (« parcs photovoltaïques » ou installations de forte puissance).
La technologie photovoltaïque est aujourd’hui suffisamment mâture et accessible en prix pour considérer que la quasi-absence d’aide de l’état français envers les particuliers n’est pas un problème.
Plus difficile à accepter en revanche, car présentant un caractère dissuasif qui n’a pas lieu d’être, est la ridiculement faible valorisation de ce que l’on peut attendre d’une installation photovoltaïque par la méthode « 3CL-DPE 2021 » actuellement utilisée pour établir les DPE (Diagnostics de Performance Energétique) : à corriger au plus vite !
Voyons donc de plus près ce que les particuliers peuvent réellement attendre des installations photovoltaïques de petite dimension (< 9 kWc) et sans stockage électrique (car les batteries sont encore chères et de relativement faible longévité), car là aussi on lit et on entend tout et n’importe quoi.
Avec la technologie actuelle on peut raisonnablement espérer produire un peu moins de 1 MWh/an par KWc de panneaux photovoltaïques installés en région parisienne (905 kWh/an est la valeur que nous utilisons dans nos calculs) ; on pourra facilement compter sur 20 à 30 % de plus dans le sud de la France.
Mais malheureusement et quoi que l’on fasse, une partie plus ou moins importante de cette production ne pourra pas directement être utilisée par le producteur : faute de pouvoir être consommée immédiatement (parce que l’on n’en a pas besoin au moment où cette énergie est produite) ou de pouvoir être stockée pour une consommation différée (parce que l’on ne dispose pas de batterie), elle sera réinjectée dans le réseau gratuitement (ou presque) et donc ne sera tout de même pas totalement perdue car venant alimenter la communauté, en remplaçant, en France, de l’électricité d’origine nucléaire que nous n’aurons pas à produire.
L’écart entre production et consommation (aussi appelé « pourcentage d’autoconsommation ») est directement lié à l’évidence que les panneaux photovoltaïques produisent en fonction du niveau d’ensoleillement (eh oui…) : c’est-à-dire relativement peu en hiver, à un moment où le besoin en énergie est élevé (à cause du chauffage notamment), et beaucoup en été, à un moment où le besoin en énergie est faible.
On comprend dès lors que la taille de l’installation photovoltaïque doit être adaptée à la capacité de consommation d’énergie de l’habitation : surdimensionner l’installation coûtera plus cher en investissement tout en conduisant à une part plus importante de la production rejetée quasiment gratuitement dans le réseau en été, ce qui ne favorisa pas le fameux « retour sur investissement » (ou ROI, Return On Investment en anglais).
Pour fixer les idées, prenons une maison individuelle moyenne en France métropolitaine : surface habitable de 115 m2.
Supposons que cette habitation ait une performance énergétique relativement correcte (sans être excellente) en étant classée « C » en Diagnostic de Performance Energétique (DPE), avec une consommation en énergie primaire de l’ordre de 150 kWhEP/m2.an soit 17250 kWhEP/an (kWh Energie Primaire).
Si cette habitation est au « tout électrique » (chauffage, Eau Chaude Sanitaire), sa consommation d’Energie Finale (celle que nous payons via les factures d’électricité) sera de 9079 kWhEF/an (depuis le 01/01/26, 1 kWhEF d’électricité = 1,9 kWhEP).
On peut rajouter de l’ordre de 2000 kWhEF/an pour tenir compte de la consommation de l’électroménager présent dans la maison, part de la consommation considérée comme dépendante des « habitudes » des occupants et conventionnellement non prise en compte dans le DPE (qui vise à pouvoir comparer les logements entre eux indépendamment des « habitudes » et du nombre de leurs occupants) : soit un global que nous arrondirons à 11 MWhEF/an.
Le prix d’une installation photovoltaïque dépend de beaucoup de facteurs : techniques (types de panneaux, d’onduleurs…), logistiques (provenance du matériel) et financiers (taux de TVA, main d’œuvre d’installation, marges).
Cela explique les très larges fourchettes de prix qui sont annoncées.
Les prix que nous indiquons ci-après sont des valeurs moyennes : on peut sans doute trouver moins cher, mais on peut aussi trouver beaucoup plus cher.
Une installation photovoltaïque (sans stockage d’électricité) de 3 kWc, occupant 13 m2 de toiture de l’habitation considérée et coûtant de l’ordre de 6000 € TTC, conduira à autoconsommer 75 % de l’électricité produite (2036 kWh) et à en rejeter 25 % dans le réseau (679 kWh).
Pour une installation photovoltaïque (toujours sans stockage d’électricité) de 5 kWc sur cette même habitation, occupant 22 m2 de toiture et coûtant de l’ordre de 9000 € TTC, ce sera 55 % d’autoconsommation (2489 kWh) et 45 % de rejet (2036 kWh).
Pour ne pas trop alourdir la suite de la lecture, présentons les résultats sous forme de tableau, en précisant que :
- Le prix du kWh d’électricité considéré est celui du tarif « bleu » d’EDF au 1ier février 2026 pour une puissance de 9 kVA avec option « heures creuses », en considérant que 30 % de la consommation se fait en « heures creuses » ; d’où un coût global pour les 11 MWh consommés annuellement de 2346 € TTC abonnement compris.
- L’horaire des « heures creuses » de l’endroit où se situe l’habitation correspond à la nuit (typiquement 22 h 32 à 6 h 32) ; l’autoconsommation de l’électricité produite par l’installation photovoltaïque (forcément de jour s’il n’y a pas de stockage d’électricité) se déroule donc en « heures pleines ».
- L’installation photovoltaïque a été réalisée par un installateur RGE, ce qui permet de bénéficier du (faible) coût de rachat des kWh rejetés dans le réseau (4 cts €/kWh) et de la (maigre) « prime à l’autoconsommation » (0,08 €/Wc); NB: le gain misérable qui résulte de ces « aides » pourrait disparaître dans quelques mois, sans incidence sur l’équilibre financier que nous décrivons.
| Puissance | Coût TTC | Autoconso | Gain / an | Economie / an | ROI | Gain net 25 ans |
| 3 kWc | 6000 € | 75 % | 436 € | 19 % | 13,7 ans | 4928 € |
| 5 kWc | 9000 € | 55 % | 576 € | 25 % | 15,3 ans | 5585 € |
On voit que la réduction de facture énergétique que l’on peut attendre d’une telle installation, sans être de 50 % comme on le voit parfois annoncé, se situe tout de même autour de -20 / -25 %.
Elle permettra d’amortir l’investissement après 14 / 15 ans et de bénéficier ensuite de la grande longévité des éléments constitutifs (typiquement 25 ans aujourd’hui tant pour les panneaux que pour les onduleurs) pour « engranger » à terme un gain net de l’ordre de 5000 €.
Ces chiffres seront évidemment améliorés si le coût de l’énergie électrique augmente (ce qui est hélas plus que probable étant donnée la conjoncture internationale inflationniste et l’investissement colossal qu’il va falloir faire en France pour ne serait-ce que maintenir la capacité de production nucléaire actuelle).
Il existe très probablement des investissements rapportant plus, mais celui-ci n’est pas dénué d’intérêt : d’abord parce que nous savons sur quoi il porte (et ce n’est pas les énergies fossiles, l’IA ou pire) et ensuite parce qu’il correspond à un taux d’intérêt net et garanti sur 25 ans de 2,4 % annuel pour l’installation 3 kWc et de 2,0 % annuel pour l’installation 5 kWc.
Rappelons que le taux du Livret A est actuellement de 1,50 % et qu’en moyenne temporis sur les 25 dernières années (01/04/01 à 01/04/26) il a été de 1,72 %.
Au 01/01/24, la France comptait 38,2 millions de logements dont 54,8 % étaient des maisons, soit 20,9 millions de maisons, dont seules (mais ce n’est déjà par rien) 0,8 millions environ étaient équipées d’une petite installation photovoltaïque (de 3,65 kWc en moyenne).
Si 1 maison sur 2 était équipée d’une installation de 3 kWc produisant 2,7 MWh d’électricité par an, la production des petites installations individuelles se trouverait multipliée par 11, à plus de 28 TWh/an.
Cette quantité reste modeste au regard de la consommation totale d’énergie du pays (2574,5 TWh/an en « consommation primaire » en 2024) mais la surface de captage l’est également (136 km2, même si cela représente déjà plus que la superficie de Paris) et rappelons qu’il s’agit d’un « quick win » (ou « gain facile ») résultant de la seule prise de conscience de ce que l’on peut faire facilement, là tout de suite au niveau des particuliers disposant d’une maison.
Nous pensons que cela déclenchera un mouvement de plus grande ampleur avec les investissements à échelle industrielle dans les « parcs photovoltaïques », le tertiaire, les logements collectifs…
LE COIN DES MATHEUX
Revenons ci-après sur quelques-uns des calculs qui nous ont permis d’annoncer les chiffres de cet article.
On s’accorde à considérer que le Soleil émet la puissance « colossale » Ps de 3,84.1026 W et qu’il est situé à la distance Ds de 150.106 km de la Terre. En considérant qu’il émet de façon uniforme dans toutes les directions, à la distance de la Terre l’énergie émise sera répartie sur la surface d’une sphère de rayon Ds, soit 4.
.Ds2 (en réalité l’orbite de la Terre autour du Soleil est évidemment elliptique, mais bon…) Le disque que représente la Terre (de rayon Rt) vue du Soleil interceptera une partie de la puissance incidente, dans le rapport de la surface de ce disque à la surface de la sphère précédemment évoquée : Ps.(
.Rt2 / 4.
.Ds2), où Rt vaut 6378 km (à l’équateur, c’est 20 km de moins aux pôles).
En réalité, dans une journée la Terre aura effectué une révolution sur elle-même offrant aux rayons solaires non pas un disque mais la totalité de la surface de la sphère qu’elle représente : 4.
.Rt2.
La puissance captée par unité de surface de la Terre est donc : Ps.(
.Rt2 / 4.
.Ds2)/ 4.
.Rt2.
Soit après simplifications : Ps/(16.
.Ds2).
Soit numériquement 3,84.1026/(16.
.(150.109)2) = 3,84.108/(16.
.1502) ~ 340 W/m2.
Naturellement c’est une moyenne: le flux est nettement plus élevé à l’équateur et nettement moins aux pôles.
La NASA (Cf illustration ci-après) annonce 340,4 W/m2 dont 163,3 W/m2 (48 %) qui arrivent directement jusqu’à la surface (le reste repart directement vers l’espace ou est absorbé par l’atmosphère donnant naissance à divers phénomènes climatiques bien connus tels que les vents dont nous tentons aussi de récupérer l’énergie via l’éolien) ; fort heureusement (car sinon le problème du réchauffement climatique serait encore pire que ce qu’il est), après une partie de « ping-pong » assez compliquée tout ou presque finit par repartir vers l’espace.
Si l’on considère que la totalité de l’humanité se masse sur 11 % des terres « habitables » de la planète (134.1012 m2 sur un total de 511.1012 m2), soit environ 15.1012 m2, et si on ne prend que la puissance parvenant directement à la surface (en réalité la puissance diffuse provenant de l’atmosphère est loin d’être négligeable pour la production photovoltaïque), on obtient 163,3.15.1012 ~ 2450.1012 W.
On en déduit une énergie incidente sur une année (24.3600.365 = 31,536.106 secondes) égale à 77263.1018 J ou 21,46.106 TWh (1 TWh = 3,6.1015 J).
L’énergie consommée par l’ensemble de l’humanité en 2024 (« consommation primaire ») ayant été 175405 TWh, on voit que l’énergie solaire parvenant en une année à la surface de la Terre habitée par l’humanité représente 122 fois sa consommation.
D’où la conclusion que 1 % de la surface occupée par l’humanité reçoit en énergie solaire incidente l’équivalent de son besoin énergétique.

L’évaluation du pourcentage d’autoconsommation évoqué dans l’article provient du croisement d’une vraie courbe de consommation mensuelle (factures EDF, « courbe de charge ») et de courbes de production d’électricité photovoltaïque de diverses installations (vraies mesures pour partie).
Pour une maison telle que celle prise en exemple, la seule consommation d’eau chaude sanitaire via un cumulus électrique classique représente près de 2000 kWh par an (il est vrai en heures creuses habituellement, 24 % moins chères) : il n’y a aucune difficulté à concrétiser les pourcentages d’autoconsommation annoncés.
905 kWh/an pour une installation fonctionnant 12 heures par jour correspond à une puissance de 206,62 W d’électricité photovoltaïque par kWc (=905 x 3,6 x 106/(12 x 3600 x 365)) couvrant 4,42 m2(2 panneaux de 500 Wc et 2,21 m2) soit une puissance électrique effective de 46,75 W/m2 de panneau.
On voit donc qu’il existe un rapport 3,5 entre l’énergie solaire arrivant directement au sol (163,3 W/m2) et l’électricité effectivement produite (=163,3 / 46,75). Le rapport réel est probablement encore plus grand car les 905 kWh/an intègrent une partie d’énergie solaire diffuse.
10,45 millions d’installations produisant chacune 2715 kWh/an (3 x 905) donnent 28,4.109 kWh/an soit 28,4 TWh/an ; chaque installation occupant 13 m2 de toiture, on obtient 135,85.106 m2 de toiture occupée, soit 135,85 km2.
Pour produire la consommation énergétique annuelle de la France (2574,5 TWh en « consommation primaire » en 2024), il faudrait 90,65 fois plus de surface (=2574,5/28,4) soit 12315 km2 ou la superficie de l’Île de France (12012 km2).
Au 1ier février 2026, le tarif « bleu » pour une puissance de 9 kVA avec option « heures creuses » est de 19,56 € TTC/mois pour l’abonnement, 20,65 cts €/kWh « heures pleines » et 15,79 cts €/kWh « heures creuses » ; à noter que le tarif prévoit également une « majoration pour les auto producteurs individuels avec injection » de 9,60 € HT/an (11,52 € TTC avec une TVA à 20 %), il n’y a pas de petit profit !
En considérant que 30 % de la consommation se fait en « heures creuses », nous obtenons un coût global de 2345,84 € TTC abonnement compris pour les 11 MWh annuellement consommés : 11000 x (70% x 0,2065 + 30% x 0,1579) + 19,56 x 12.
Si l’horaire des « heures creuses » de l’endroit où se situe l’habitation correspond (toujours) à la nuit (typiquement 22 h 32 à 6 h 32, ce créneau a la fâcheuse tendance à changer pour la journée ces derniers temps…), l’autoconsommation de l’électricité produite par l’installation photovoltaïque (forcément de jour s’il n’y a pas de stockage d’électricité) se déroulera en « heures pleines », permettant un gain (ou plus exactement une « non dépense ») de 420,43 €/an (=2036 x 0,2065) avec l’installation 3 kWc de 513,98 €/an (=2489 x 0,2065) avec l’installation 5 kWc.
Si l’installation a été réalisée par un installateur certifié RGE, il sera de plus possible d’être « rétribué » au tarif de 4 cts €/kWh rejeté dans le réseau : « revenu » royal de 27,16 €/an (=679 x 0,04) avec l’installation 3 kWc (=679 x 0,04) et de 81,44 €/an (=2036 x 0,04) avec l’installation 5 kWc ; à noter qu’au contraire de l’installation 3 kWc, le « revenu » tiré de l’installation 5 kWc est imposable sur le revenu (si !) et passera donc en net à 73,30 €/an si le taux d’IR est 10 %.
En déduisant la « majoration pour les auto producteurs individuels avec injection », on obtient un « gain » annuel de 436,07 € (=420,43 + 27,16 – 11,52) avec l’installation 3 kWc et de 575,76 € (=513,98 + 73,30 – 11,52) avec l’installation 5 kWc, soit un abaissement de la facture d’électricité annuelle de respectivement –18,6 % (=-436,07 x 100/2345,84) et -24,6 % (=-575,76 x 100/2345,84)
Au coût de l’installation elle-même, il faudra probablement rajouter de l’ordre de 230 € TTC pour le raccordement ENEDIS (50 € TTC) et pour le certificat de conformité CONSUEL (180 € TTC) ; mais on bénéficiera d’une prime à l’autoconsommation de 0,08 €/Wc, soit 240 € pour l’installation 3 kWc et 400 € pour l’installation 5 kWc.
Sans tenir compte d’une éventuelle inflation du coût de l’électricité, l’investissement pour l’installation 3 kWc sera amorti en 13,7 ans (=(6000 + 230 – 240)/436,07), celui pour l’installation 5 kWc en 15,3 ans (=(9000 + 230 – 400)/575,76).
Avec les matériels actuels, il est possible d’espérer fonctionner 25 ans sans devoir réinvestir ; on en déduit une espérance de gain net (post amortissement de l’investissement initial) de 4928 € (=(25 – 13,7) x 436,07) avec l’installation 3 kWc et de 5585 € (=(25 – 15,3) x 575,76) avec l’installation 5 kWc.
[(4928/5990)+1](1/25) = 1,0243 ; le gain réalisé avec l’installation 3 kWc correspond à un placement à 2,43 % sur 25 ans.
[(5585/8830)+1](1/25) = 1,0198 ; le gain réalisé avec l’installation 5 kWc correspond à un placement à 1,98 % sur 25 ans.




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